⁕ Littérature, ❤ Coup de cœur ❤

"POC" de Stéphane GRISARD

Mon ressenti – Extraits – Présentation –
Lecture de décembre 2018

Tout d’abord je remercie Virginie qui m’a offert ce roman. Voilà, je l’ai fini et je suis bien embêtée car je ne sais pas du tout comment je vais pouvoir en parler et Poc ! C’est un livre extraordinaire, il est classé dans « littérature », je pense, en fait, qu’il est inclassable. C’est une ode à la vie, survivre. Poc Poc. Le passé est la base de notre devenir qu’on le veuille ou non, et la mort est au bout pour tous. Des souvenirs, des senteurs, des situations qui m’ont fait remonter certaines choses que j’avais mis de côté mais qui, au final, sont toujours en moi et le seront jusqu’au bout.
  • « Moi, je crois qu’au final on meurt de son passé, de son enfance, de cette époque quand on n’a pas eu le matériel pour suturer les plaies »
On se retrouve obligatoirement, dans l’une ou l’autre des situations mises en scène, ou par des histoires racontées par nos anciens. Je dirais aussi que c’est un livre que l’on peut laisser pas loin de soi et relire de temps en temps un paragraphe. Peu importe l’époque, cet extrait-ci me parle plus que les autres.
  •  » Ses potos, ce sont des petits Ritals dont les parents avaient décampé devant le fascisme, des Espingouins larguant Franco, des Juifs qui déguerpis de Pologne ou d’Allemagne, des Portugais ou des Pieds-Noirs rapatriés d’Algérie. C’est eux, ses potes, ses copains de foot, c’est eux sa patrie. »
Ça remue, dérange, chamboule, c’est avec le cœur qui bat fort que j’ai fini ce récit. Le résumé vous en apprendra plus sur l’histoire ou ces histoires qui se baladent entre 2063 et 1920. L’écriture de l’auteur est juste parfaite, les mots, les phrases qui claquent à chaque situation, à en relire certains passages, pour bien s’en imprégner.
  • « Au début, cela lui a plu, cette liberté toute neuve, encore fraîche comme un matin de rosée. Ersatz de printemps. Mais les nuages arrivent toujours, un jour ou l’autre, car c’est le cycle, le tourbillon, la spirale inexorable. La pluie a dégueulassé son maquillage, salopé sa chevelure épaisse, maculé d’impacts purpurins sa robe fleurie, comme un long chapelet d’aréoles d’amer. Désormais, elle ne vit qu’en éclaircies. »
J’ai été déroutée dans le milieu du récit à ne plus savoir qui parlait et j’ai compris, finalement… Poc poc poc. Des extraits, j’en ai relevé un certains nombres que je ne poserais pas tous ici, car au final, c’est vraiment tout le roman qui est à mettre en avant.
  • « C’est comme les grands écrivains, les poètes, on te dit Rimbaud, quel génie, quelle maturité à quinze ans ! Le gamin tournait à l’opium et à l’absinthe ! Il est quand même claqué de la syphilis, tout seul dans un bouge, amputé d’une guibolle ! Mais ça, c’est pas dans le manuel, ça… File-moi la même chose avant mes rédacs pis on verra le résultat ! Mais non, nous, on a brocolis à la cantoche arrosé de flotte au chlore… »
Assurément un livre à avoir dans sa bibliothèque. Un récit que j’ai beaucoup aimé et eu grand plaisir à lire et sûrement à relire. Poc poc poc poc.
Présentation :

Poc est un roman à trois voix. Trois enfances. Trois périodes différentes du XXè siècle, en France. Ce sont trois voix distinctes qui se rejoignent pour ne former plus qu’une. 
POC commence donc dans les années 1920 et défile jusqu’en 2063. 
On y croise des ouvriers, des Allemands, des paysans, des blousons noirs, des mariés, un ministre de la guerre, des piliers de comptoir, des Viêt-Minhs, des profs, des artistes, un chien moche. 
On y entend de l’accordéon, des vitres qui cassent, des cris silencieux, des poèmes salvateurs, des riffs de guitare, des tilts de flipper, l’accélération d’une voiture, des détonations, un voisin qui râle et les cloches du Beffroi de Bruges. 
On y découvre l’enfance par la rue, par le pissenlit sur le trottoir, le sentier buissonnier, le sirop du pavé. 
On y danse pendant la vie, et même parfois après.
Trois histoires dont il faut sortir vivant. Et debout.



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