⁕ Drame familial, ⁕ Roman noir

« Goat Mountain » de David VANN

Lecture du décembre 2019 ➡

Lorsque l’on choisit un roman de cet auteur, on sait par avance que l’on va partir dans du sombre. Ce titre ne déroge pas à la règle et il a été pour moi très angoissant. La couverture donne le ton, on part à la chasse…

Le récit va tourner autour de quatre personnages, trois adultes et un enfant de 11 ans. Ce dernier n’ayant vécu qu’avec son père, son grand-père et un ami de la famille. Chasseurs depuis des décennies, l’enfant devra faire ses preuves, à 11 ans!

« Nous aurions pu être n’importe quel groupe d’hommes, à n’importe quelle époque. La chasse, une manière de revenir en arrière pour atteindre un millier de générations passées. La première raison pour nous regrouper, pour tuer. »

J’ai été complètement happée pendant ma lecture et en même temps terrifiée par les actes, événements, conséquences, par le manque d’émotion (qui fait partie du récit). L’auteur nous démontre une vie rude au milieu de territoires oppressants, hostiles. Ici pas de flics ni voyous, juste une histoire familiale ou l’enfant doit devenir homme, mais à quel prix!

« Á me rouler ainsi dans la boue, à jouer les oursons, je faisais preuve d’une innocence effrayante. Né dans un univers de boucherie, un enfant accueillera cette boucherie à bras ouverts, il la trouvera normale. »

Après avoir lu « Sukkwan Island », « Aquarium » et « L’obscur clarté de l’air » l’auteur nous signe ici un excellent roman noir très dur, il a fallu plusieurs fois que je décroche de ma lecture pour encaisser certaines scènes.

« D’une couleur identique mais plus épais. Des bébés crotales à peine plus gros que votre auriculaire et moins de trente centimètres de long, répliques presque parfaites des branches, les plus mortels car ils ne savaient pas doser leur venin et qu’ils n’avaient pas encore de sonnette, qu’ils ne donnaient aucun avertissement. J’avançais tête la première et ce serait donc ma tête qui serait mordue, des crochets de serpent plantés dans mon front, dans ma joue ou dans ma nuque. »

Alors pourquoi j’aime autant cet auteur? Pour son écriture, même si c’est terrible, il sait décrire sans fioriture la réalité des faits, les détails, les pensées, l’environnement. Plus de 200 pages autour d’une chasse ça peut paraître long pour certain, mais je vous garantis que l’on ne s’en aperçoit pas.

Après avoir lu plusieurs titres des éditions Gallmeister j’en apprécie toujours autant leurs romans et lorsque je me trouve dans une librairie j’y suis attirée, de par leurs couvertures et sachant inévitablement que je ne serais pas déçue par les textes. Âmes sensibles s’abstenir, aux amateurs d’émotions fortes foncez.

❇ Présentation

Automne 1978, nord de la Californie. Un garçon de onze ans, son père, son grand-père et un ami de la famille se retrouvent sur Goat Mountain pour chasser. À leur arrivée, les hommes aperçoivent au loin un braconnier qu’ils observent à travers la lunette de leur fusil. Le père invite son fils à tenir l’arme et à venir regarder. Et l’irréparable se produit. De cet instant figé découle l’éternité. Et le parcours initiatique du jeune garçon, abandonné à ses instincts sauvages, se poursuivra pendant plusieurs jours, entre chasse au gibier et chasse à l’homme.

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